Province ecclésiastique de Sens
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 Hérésie

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Théodose

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Nombre de messages : 21
Localisation : Cosne (Bourgogne)
Date d'inscription : 26/06/2008

MessageSujet: Hérésie   Ven 8 Aoû 2008 - 7:37

Un messager vient apporter une lettre à Monseigneur Gedeon.

Citation :

Monseigneur,

Je me permets de vous rapporter des paroles qui ont été prononcée sur la gargotte bourguignonne concernant l'hérésie.

Citation :

Certains écrits méritent d'être portés à la connaissance de tous....surtout quand ils émanent de ceux qui utilisent l'inquisition dans ce domaine

Citation :

Qu’est-ce que l’hérésie ?

Selon le droit canon, est considéré comme hérésie le rejet de tout où partie du dogme aristotélicien.

En quoi ce crime est-il restrictif des libertés ?

Ce crime vient en limite du droit d’expression puisqu’il suppose que l’aristotélisme est une religion dont il serait interdit de discuter, contrairement aux autres cultes.
Certes, on pourra objecter que cela est normal puisque l’aristotélisme est la religion officielle du royaume et qu’il n’appartient pas à un simple fidèle d’en discuter.
Il est donc interdit de s’exprimer librement sur la religion officielle.
Admettons ce principe.

Comment l’interdiction d’exprimer librement sur la religion aristotélicienne est en soi hérétique ?

En effet, si on suppose que l’on ne peut critiquer la religion officielle car cela s’appelle hérésie, alors on en vient à nier que l’homme fut créé libre par Dieu, puisqu’il serait privé de la liberté de s’exprimer, donc de penser en matière de religion.
Cela veut donc dire que, soit l’homme ne peut jamais pécher car, sans liberté, il ne peut pas penser librement donc ne peut pas dévier de la ligne fixée par Dieu (alors le crime d’hérésie est inutile), soit il peut errer en esprit, mais alors, cela supposerait que c’est Dieu qui commande cette errance, est le chef des sept princes démons et qu’il est le créateur du mal, ce qui est hérétique. En effet, ainsi que nous l’enseigne l’Eglise, Dieu est un être parfait.
En conséquence, on doit bien conclure à la liberté de l’homme, à la liberté de s’exprimer en matière de religion ; liberté qui lui vient de Dieu.

En quoi le crime d’hérésie nie cette liberté ?

En niant la liberté de discussion en matière religieuse, le crime d’hérésie vient donc en contradiction avec la volonté divine qui fut de doter l’homme d’un esprit entièrement libre de penser et fatalement de penser différemment de son enseignement.
Il est contraire à la pensée de St Thomas, saint aristotélicien qui affirmait que la liberté de conscience est absolue : pour lui, si un aristotélicien voit un conflit entre le dogme et sa conscience, il doit suivre sa conscience et non le dogme.
Le crime d’hérésie est donc en soi-même hérétique, puisqu’il qu’il nie un des droits donnés par Dieu aux hommes.

En quoi l’Eglise fait preuve de cynisme sur la question ?

Ne pouvant nier cette liberté, elle prend bien soin de ne pas condamner elle-même l’homme supposé hérétique, mais de le faire faire par le bras séculier ; or, se faisant, elle définit le crime d’hérésie comme un crime politique et non plus religieux.
Ainsi, ce n’est pas l’Eglise qui condamne, mais l’Etat, ainsi discuter librement religion devient non plus un crime religieux, mais un crime politique.

En qui cette notion de crime politique est-elle dangereuse ?

Cette notion est dangereuse parce qu’elle fait d’une question religieuse, une question politique et place le roi sous sa dépendance, car tout roi sera jugé bon ou mauvais par elle en fonction de sa capacité à faire appliquer ou non ce crime.
C’est oublier que le roi n’est pas le roi d’une religion, même reconnue par lui officielle, mais le roi d’un peuple, porté au trône en raison de l’acclamation populaire qui précède le sacre.

Comment se libérer de cette menace ?

Cette situation, porteuse, en germe, d’un possible conflit entre l’autorité royale et l’autorité de l’Eglise quant-à savoir qui doit imposer ses vues à l’autre peut être évitée de deux façons :
- soit le crime d’hérésie redevient un crime exclusivement religieux ne pouvant être condamné que par un tribunal religieux
- soit, la suppression du crime d’hérésie s’impose tant par son caractère hérétique en soi (il nie la liberté que Dieu a donné aux hommes de penser) que par ses implications politiques qui font du roi l’inférieur de l’Eglise.

On voit que la deuxième solution serait la plus sage.

Mais, me direz-vous, peut-on laisser les hommes ignorer les voix de Dieu ?

Absolument pas ; Dieu, dans sa sagesse, a voulu l’homme capable de raisonner librement, car il ne veut pas d' esclaves comme fidèles, mais des hommes conscients par la raison, de l’intérêt de son message.
C’est pourquoi, il recommande non par d’user de crime, mais d’user de persuasion : Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse.
D’où le rôle des prédicateurs ; on peut même avancer que partout où se trouve un mauvais prédicateur, l’errance pullule.

On peut donc affirmer, en conclusion que :
- c’est le devoir moral de chaque individu de chercher la vérité et de vivre en conséquence; s’il ne le fait pas, c’est à Dieu, lors du Jugement dernier qu’il aura à rendre des comptes, non aux hommes, car il n’appartient pas aux hommes de se substituer à la justice de Dieu.
- Le crime d’hérésie est non fondé et doit disparaître.

je sais que je vais porter outrage au clergé....à ceux là je dis clairement que .....

renvoyez moi au logion 17 de Christos si vous le connaissez

Je vous souhaite néanmoins une excellente journée, Monseigneur,
Théodose
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